Le premier album de Boundary est une ode à la vie (et tous ses autres morceaux aussi)

Il y a des morceaux qui laissent en nous une douce sensation de légèreté. D’autres qui rappellent l’amertume sucrée de la nostalgie. Certains rallument des étoiles que l’on aurait éteintes dans notre esprit. Ou bien évoquent un futur aussi incertain qu’il est exaltant. Boundary, c’est tout ça à la fois. Avec son album Fantasmagórico, véritable ode à la vie, les oreilles de l’auditeur s’emplissent de tendresse, l’imagination caresse les couleurs pastel de l’été, les rayons de soleil brillent au rythme d’une acid house lascive. Peut être est-ce le jeune âge de Josué, 17 ans, qui redonne à l’écoute l’innocence instinctive d’un enfant. Et pourtant, même si il qualifie sa musique d’ « imprévisible, amusante et personnelle », elle est d’une maturité surprenante . Vous trouvez que ma plume est d’une niaiserie imparable ? Écoutez donc, et laissez vous aussi dégouliner d’amour.

Armé de ses synthétiseurs, Boundary infuse dans ses chansons l’inspiration qu’il tire de la house de Chicago, de la techno de Detroit, et de la noise. Baignant dans les sous-genres de la musique électronique depuis son enfance, grâce à des parents mélomanes friands de trance et de house, il a également forgé son ouïe à travers les « belles bandes-son de jeux de Playstation One assez obscurs et étranges ». On comprend alors mieux la qualité de ses productions, directement imprégnées d’une culture musicale façonnée pendant des années.

Visiblement joueur et espiègle, Josué jongle avec les styles comme avec les émotions. Dans Fantasmagórico, l’ambient acidulée de Adios, Nonito et En El Medio côtoie les breaks galopants de Comerciante Autorizado, Publicidad Inaccesible, et Archivos Zyxel, tandis que les autres morceaux de l’album comme Resaltador de Cosas Incoherentes revisitent une acid house devenue trop répétitive, poussiéreuse et formatée. Un véritable courant de fraîcheur tout droit venu de Saint-Domingue, capitale de la République Dominicaine, pays avec lequel Haïti partage sa frontière.

Bien loin du Vieux-Continent européen et de ses mille et un courants musicaux, Josué indique que la scène électronique se porte très bien sur l’île antillaise, surtout depuis ces dernières années grâce à l’ouverture de lieux comme The Warehouse DR. Là bas, le label El cuarto elástico donne un espace à des producteurs comme Boundary pour qu’ils développent leurs projets, et les montrent au grand jour. Il insiste également pour que notre regard se porte sur 808, un collectif et une maison de disques dominicaine « qui va sortir quelque chose de nouveau cette année ».

Avec un public très encourageant, le jeune artiste se sent particulièrement soutenu dans sa création, dont le moteur principal reste l’expérimentation : « les bugs des machines et l’écoute de leurs limites sont des choses qui m’inspirent énormément« . C’est également avec ce naturel qu’il souhaite que les gens écoutent sa musique, afin qu’ils trouvent eux-mêmes ce que cela leur procure et théorisent individuellement, s’ils le souhaitent, les émotions ressenties. « C’est très touchant lorsque des personnes me disent avoir senti des choses intenses à l’écoute de mes morceaux, car cela signifie quelque chose d’unique et de spécial pour eux », confie-t-il. Des mots aussi tendres que des câlins.

Pour encore plus d’endorphines, sachez que Boundary prépare un second album, Anteriormente Conocido Como, et un nouvel EP dont la sortie se fera sur Point Records, un label de Los Angeles. Avec ça, nul doute que 2018 sera une année douce comme du velours, loin du catastrophisme ambiant auquel nous sommes habitués. – ML.

 

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