O som de Lisboa

English version below

Dans notre circuit d’exploration des villes qui bougent les conventions musicales, La Carte Son a décidé de faire un stop à Lisbonne afin de vérifier si l’herbe y est réellement plus verte qu’ailleurs. Au sein de ce décor de rêve qui éveille le mystère de par son architecture élégante et délabrée, cette ville abrite de plus en plus d’initiatives artistiques et de festivals internationaux, et semble avoir trouvé sa place dans le cœur de la communauté électronique européenne.

C’était ma première fois dans cette ville et je ne pouvais m’empêcher de me demander : « Sérieux, est-ce que c’est vraiment tout le temps comme ça ? » Ça se sent et ça se voit dans les yeux des gens, quelque chose se passe là-bas, le vent tourne et l’atmosphère musicale est en train de changer. En même temps qu’elle s’internationalise, la scène portugaise affirme son identité de plus en plus souvent au travers d’événements organisés spontanément et qui respirent la fraicheur et la bonne humeur.

Au fil de mes déambulations au festival Lisboa Electronica, dans les rues animées des soirées d’avril et dans les shops de vinyles où se réunissent les passionnés, j’ai fini par trouver les personnes à qui il fallait poser la question. J’ai d’abord rencontré Diogo Lacerda, enfant du pays, DJ chez LowMoneyMusicLove et entrepreuneur de la nuit à Lisbonne suit de près la tournure que prend la scène underground. Sa prestation au Lisboa Electronica a d’ailleurs marqué le public du dancefloor intimiste devant lequel il jouait.

Diogo, par Henrik Hoff Strom

J’ai ensuite fait la connaissance de Fred, membre de Amor Records, le shop rendez-vous des mélomanes de la région et qui s’y retrouvent pour des apéros musicaux, des afters de bon goût ou simplement pour digguer la sélection éclectique et teintée des senteurs du sud que le shop propose. Il est donc au carrefour des énergies qui circulent dans cette scène.

Rencontre avec deux acteurs impliqués, inspirés et inspirants de la scène locale.

Depuis quand vivez-vous à Lisbonne ? Qu’est-ce que vous y faites ? 

Diogo : Je vis à Lisbonne depuis février 2017. Avant, j’habitais à Cascais, au bord de la mer, et je venais travailler à Lisbonne tous les jours. Lisbonne est un carrefour passionnant, plein de lieux agréables, d’espaces de travail, de concerts improvisés et de divertissement en tous genres au cœur d’une architecture historique propice à la flânerie. En tant que graphiste et DJ, j’aime partager des émotions surréalistes dans mes projets. Cette ville n’est pas aussi imposante que d’autres villes très développées d’Europe, ce qui lui donne une atmosphère assez intimiste. Lisbonne possède encore beaucoup de lieux délaissés et d’environnements sous-estimés, ce qui en fait un paradis pour les amateurs de street art et de contextes de soirée atypiques.

Fred : De mon côté, cela fait seulement un mois et demi mais je viens souvent depuis que je suis petit. Je travaille en ce moment chez Amor Records, un nouveau shop de vinyles qui à ouvert dans le centre de Lisbonne en novembre 2017 à l’initiative de trois diggers brésiliens. Je gère aussi Vox Populi Records, un label que j’ai créé en 2014 à Berlin et que j’ai transféré à Lisbonne récemment.

Quelle est ta relation avec cette ville ?

Diogo : De mon point de vue, Lisbonne a beaucoup de choses à offrir. Mais, plus récemment, à cause de toute la hype dont elle s’entoure, certains quartiers deviennent hors de prix. Ici, un travailleur gagne en moyenne le quart de ce qu’il gagnerait dans une autre capitale d’Europe, donc c’est parfois assez bizarre de vivre dans une ville qui se prépare chaque jour à recevoir des gens d’autres pays développés, et, de fait, assez dur à digérer du point de vue d’un habitant de Lisbonne. Les prix des billets d’avion ont également augmenté conséquemment, chaque mois depuis quelques années…  Les allers et retours deviennent donc assez coûteux pour les gens qui y habitent.

Quelle est l’histoire d’Amor Records, sa philosophie ?

Fred : Amor Records est une aventure démarrée par trois passionnés qui collectionnent des perles rares de la musique brésilienne depuis des années et qui ont choisi d’installer leur QG à Lisbonne. On essaye en ce moment de transformer ce lieu, où on partage notre passion pour la découverte de nouveaux disques en une plateforme stable mais diversifiée où peuvent s’exprimer les artistes du coins et nos amis.

Amor Records

Comment décrirais-tu l’état d’esprit, la philosophie de Lisbonne ?

Lisbonne est une ville assez sûre et relaxante au quotidien. C’est la seule capitale d’Europe avec une ouverture sur l’Océan, ce qui la rend assez attractive pendant le printemps et l’été. C’est aussi une des villes dans lesquelles tu ressens le moins le stress, donc c’est un super plan pour des vacances, mais aussi pour s’y installer.

Quels sont, selon vous, ses atouts et ses limites ?

Diogo : Concernant les atouts, je commencerais par l’Océan Atlantique et tous les paysages naturels qui entourent la ville, vers Cascais, Guincho, Praia Grande, Troia, Comporta… Mais aussi l’héritage historique et les points de vue incroyables qu’on y trouve grâce aux sept collines de Lisbonne, toutes à l’intérieur des limites de la ville. Un autre phénomène génial auquel j’assiste ces dernières années est la diversité de restaurants que propose la ville. On peut trouver des lieux de très bonne qualité pour des prix très raisonnables, et pour tous les goûts. Concernant les limites je mentionnerais quand même les prix qui rendent tout cela assez difficile d’accès pour les habitants.

Fred : Le temps, la nourriture, l’environnement cosmopolite et accueillant. C’est un endroit très riche historiquement qui commence seulement à dévoiler son potentiel. Il y a beaucoup de nouveaux investissements dans la ville de la part d’entreprises internationales et les environs sont propices à l’ouverture de nouveaux lieux de fête. Je noterais cependant qu’il y a encore assez peu de considération pour la culture underground. Les gros clubs organisent souvent le même type d’événements donc le public réellement « underground » est encore assez petit.

Il y a de plus en plus de soirées avec des line-ups internationaux et qui amènent des gens du monde entier. Comment perçois-tu cette récente émergence ?

Diogo : Ca me rend extrêmement heureux de voir toutes ces choses arriver plus souvent. Je vois la population de la vie nocturne grandir et cela fait simplement de meilleurs moments à partager, plus de gigs et plus de variété en terme de clubs et de lieux où faire la fête. C’est encore un peu centré sur les tendances du marché musical, mais avec la création de ces nouveaux festivals et clubs, ça ne peut que s’améliorer.


Qu’as-tu pensé du festival Lisboa Electronica ?

D’un point de vue personnel, Lisboa Electronica est une des meilleures choses qui soit arrivé à cette ville depuis longtemps. Je n’ai vraiment pas grand chose de négatif à pointer, c’est un investissement énorme qui a été fourni par des gens qui tiennent vraiment à développer une scène underground sérieuse dans cette ville, et ça aide à promouvoir le travail fascinant que propose les labels étrangers et portugais qui ne sont pas encore connus des masses.C’est très important pour moi et je le vois vraiment comme un nouveau genre de festival, qui propose à la fois des dancefloors imposants et des environnements intimistes imaginés pour l’occasion, tout ça avec un booking sophistiqué, ce qui n’est pas facile à trouver ! Ca aide aussi à attirer les curieux du monde entier, et à créer des environnements magiques où tu peux réellement t’exprimer, aussi bien sur le dancefloor que derrière le DJ-booth !

Fred, en tant que lien entre la musique et les gens, quelle vibe vois-tu se développer ici ? Les gens achètent-ils un style en particulier ?

Fred : Lisbonne a une histoire importante de culture underground, nourrie par des entitées comme Quantica Radio Team. De plus, beaucoup de festivals de bonne qualité, de la psytrance au jazz, font leur apparition au cours de l’année. Ce qui attire de plus en plus de touristes. Concernant notre shop, je dirais que ce qui se vend le mieux est la musique brésilienne, car c’est notre spécialité, mais on a aussi beaucoup d’acheteurs de jazz, d’afro et de disques d’électro. Le Portugal est un gros consommateur de musique brésilienne, donc on attire pas mal de monde et on sent la curiosité des gens par rapport aux autres styles qu’on propose.

Parlez-nous des artistes et labels qui bougent la scène de Lisbonne ! 

Diogo : Sans hésitation, je voudrais pointer Berllioz et Pedro Zoy, qui nous préparent de très bonnes choses dans les prochains mois. Ils sont aussi des performers live très expérimentés.

La ville regorge également d’incroyables DJ’s très talentueux comme Tiago, Helio and Diogo (Pandilla LTD), André Leiria, Zé Ferreira, Gonçalo, Vil ou encore Lournco LVGS. Je pense qu’on est assez préparés pour les années à venir. Concernant les nouveaux labels, le plus intéressant est définitivement HELENA, label créé par mon ami Gonçalo. Il a sélectionné minutieusement le travail d’artistes incroyables comme Jordan Mcgee, Module Werk, Altitude et il va sortir de vrais missiles ! Il y a aussi et surtout FLMB, label récemment créé par mon ami Carlos Mitto, qui vient de sortir Seafoam, un EP très intéressant. Ces derniers mois, un label plus exclusif et vinyl only a été créé par Straka. Nommé ‘3o3’ il se concentre plus sur des tracks produits par notre groupe d’amis. Récemment la majeure partie des releases et des soirées ont été initiées par Assemble Music, qui, selon moi, est une inarrêtable machine à créer des soirées, rassembler des danseurs et lâcher des tracks hors-du-commun !

Fred : Il y en a beaucoup mais je voudrais nommer Naive, Carpet & Snares, Groovement de Jorge Caiado, Interzona de Tiago, Assemble Music de João Maria, Ostra Discos et Mar & Sol, tous les deux gérés par De Los Miedos, un vrai talent et un acteur infatigable de Lisbonne.

Où sortez-vous ? Parlez-nous aussi des projets artistiques innovants qui naissent à Lisbonne…

Diogo : En règle générale, on a deux endroits principaux où sortir, Ministerium ou Lux, mais j’aime particulièrement sortir avec mes proches aux soirées ELA (East Lisbon Afters), dans des lieux minutieusement sélectionnés qui demeurent secrets pour beaucoup de gens. ELA est un pur projet qui a aidé à ramener cette atmosphère underground géniale à la scène, et je pense que ça va durer pour les prochaines années à venir. A propos des bars ou des scènes microscopiques j’aimerais mentionner Bairrazza, un bar-club dans lequel j’ai été résident pendant les dernières années. J’ai assisté à des émotions très particulières là-bas et c’est un vrai plus pour la scène que d’avoir un lieu qui soutient régulièrement les talents locaux derrière les platines.

Waking Life, par Kristine Kakaire

Fred : Il y a, ici, une culture de la nuit très forte, et depuis toujours. Selon moi, il y a de très bons clubs à grosse capacité d’entrées, beaucoup de petits lieux privés qui ouvrent leurs portes aux DJ’s et artistes locaux, mais un flagrant manque de lieux à moyenne échelle. Ce qu’il y a de positif dans cette ville, c’est qu’elle n’est pas autant institutionnalisée que Londres ou Berlin, il y a plein d’opportunités pour les entrepreneurs et les artistes émergents car je suis convaincu qu’il y a ici une demande considérable d’événements nouveaux et variés.

Comment voyez-vous le futur de cette ville ? Y êtes-vous liés ?

Fred : Je pense que Lisbonne a un bel avenir devant elle. De nombreux esprits créatifs s’y rassemblent, attirés par les loyers relativement bas et le soleil toujours présent. Concernant Amor Records, au delà du shop, on vise à se positionner comme producteurs d’événements, agence de booking et agitateur culturel.
Nous allons aussi continuer à faire tourner Vox Populi Records, un label spécialisé, entre autres, dans l’enregistrement de musique traditionnelle et folklorique autour du monde. En étant à Lisbonne, notre projet nous permet de créer des ponts culturels entre le Brésil, l’Angola, le Mozambique, Cabo Verde et d’autres pays lusophones et de continuer nos recherches musicales. Il y a aussi un gros projet qui se met en place, une nouvelle station de radio va voir le jour à Lisbonne mais on peut pas encore trop en parler ! De plus, je viens de commencer à bosser en tant qu’ambassadeur de Waking Life, un festival fabuleux co-créé par Giegling et leur équipe de passionnés. La deuxième édition se tiendra en août dans un lieu de rêve à côté d’Elvas ! C’est donc vraiment le meilleur moment pour venir visiter Lisbonne !

Diogo : Concernant le futur… Ça je ne peux pas dire. Les limites de cette ville s’étendent et le business s’y développe beaucoup. Comme je l’ai dit auparavant, en tant qu’habitant, ça devient assez injuste de vivre ici. Une des choses les plus fascinantes de ces dernières années est le fait que de nombreux étrangers viennent s’y installer, apportant avec eux leurs énergies, leurs connaissances et leurs projets. Rien que cette idée me donne envie de rester y vivre et y travailler pour les années à venir, et de faire partie de cette dynamique… D’un autre coté, peut-être que c’est maintenant notre heure en tant que Portugais de quitter cet endroit pour aller conquérir les dancefloors des autres villes du monde, et de revenir quand cette ville se sera encore plus développée et que les salaires seront devenus plus justes pour les travailleurs. Il y a, définitivement, beaucoup à faire ici, aujourd’hui et durant les années à venir, vous devriez donc venir nous rendre visite !

PG

English version 

Continuing our exploration tour of the cities that move the musical conventions, we decided to stop in Lisbon, to verify if the grass is really greener there. In this dreamed setting of elegant and worn architecture, this city hosts more and more artistic initiatives and international festivals, and seems to have found its place in the heart of the electronic community.

It was my first time in this city and I just kept asking : « Seriously… is it always like that ? » We can feel it in people’s eyes, something is happening there, the wind and the musical atmosphere are changing.While becoming international, Portuguese musical scene is also assessing its identity more and more often through very spontaneous events, always demonstrating happiness and cohesion.

Through my roamings at Lisboa Electronica festival, in the lively streets of april nights and in the record shops where the passionate gather I finally found the good persons to question. I first met Diogo Lacerda, native of the area, Dj at LowMoneyMusicLove and auto-entrepreuneur in Lisbon nightlife he follows the evolution of the underground scene there. His show at Lisboa Electronica with Alexander K. Einetter has impressed the public of the intimist scene the were playing at.

You can discover his musical universe here.

Diogo, by Henrik Hoff Strom

A few days later I met Fred, who works at Amor Records, the meeting place record shop for the melomaniacs of the area. You can find there some really joyful before and after parties and also an ecclectic selection of records tainted with vibes from the south. He is, so, at the crossover of the energies going on in this scene.

since when do you live in Lisbon ? What do you do there ? Tell us about your art and the music you love…

Diogo : I’ve been living in Lisboa since February last year, before, during some years i was living in Cascais near the beach, and working in Lisboa everyday. Lisboa is a nice activity centre, full of nice places to chill, co-work office places, kiosks with musical activities and all sorts of interesting entertainment and historic areas to walk by.Work wise, i am a graphic designer for a coaching agency and a freelance artist both has Designer and Dj. As for the art that i do, I seek a bit surrealistic vibes when i try my projects. The city is not has big as other Developed cities in Europe, so it has a quite intimate vibe going on. Lisboa has a lot of underated, dodgy environments, so its like a heaven for street art contexts and influences.

Fred : I’ve been living here for a month and a half although I have been visiting Portugal since I was a child. I am currently working at Amor Records, a brand-new record store opened in the centre of Lisbon on November 2017 by two Brazilian crate diggers. I also run and manage Vox Populi Records, I founded in 2014 in Berlin. I have already transferred the record label to Lisbon now.

what is your relation to this city ?

Diogo : Well, Lisboa from my point of view has a lot of things to offer. But lately, because of all of the hype around it, it has become a bit overpriced in some areas. An average wage of a Lisbon worker is 1/4 compared to other developed cities in europe, so it can be really strange to live in a city that is becoming prepared  to receive people from other developed countries in the world, and therefore, hard to cope with, from a Lisbonner/Portuguese point of view. Flights to come here have been increasing price every month swell, wich makes it hard for people that are settled here, to go away and get back often.

What is the story of Amor Records? Its philosophy? 

Fred : Amor Records is a venture started by three Brazilian crate diggers with a deep passion for music. Collecting Brazilian rarities during the years, they chose to start their adventure in the heart of Lisbon. Transforming our passion for record digging, sharing music and discovering new sounds into a business venture, allows us to create a stable and diverse platform for artists and like-minded friends. »

How would you describe the philosophy / state of mind of this city ?

Diogo : Well Lisboa is a quite relaxed and safe place to live in. Lisboa is the only Capital in Europe with an Ocean delivery, wich makes it quite attractive in Spring/Summer time and also during winter, with lots of water sports possibilities. Here you can have proper vacations throughout the year, making it super enjoyable and one of the less Stress cities in Europe to live in. »

what are, to you, its assets and limits ?

Diogo : Concerning the assets i would say the Atlantic Ocean and all the nature landscapes nearby like Cascais, Guincho, Praia Grande, Comporta… and all the historical heritage, the amazing sightseeing places because of the city’s 7 hills, all within the city limits. Another amazing phenomenon going on in the last few years is the overwhelming food offer the city has, you can find incredible and not so expensive places to eat in all styles, and areas prepared to receive everyone both tourists and Lisbonners. As for limitations i would clearly point out the prices, making it hard for Lisbonners to enjoy it fully.

There is more and more parties with international line ups and people coming from all Europe, how do you see this recent emergence ?

Diogo : Well, it makes me extremely happy to see this things happening more often. It means that the party scene is developing in terms of crowd and therefore, better moments to share, more gigs and more variety in terms of clubbing and places to party. Its still a bit centred on the musical market, but with the creation of new festivals and clubs, it can only get better and better.

What did you think of lisboa electronica ? 

Diogo : in my personal point of view, Lisboa Electronica was one of the best things that have happened in this city in a long time. I really don’t have anything to point out in a negative way, its a big investment done buy people that truly care about the development of a serious Underground scene in this city, and that helps to promote the amazing work done by both Portuguese and Foreign Record labels, that are not known from a crowd point of view. Its really important and for me and i think this is a new kind of festival, with both intimate and big dancefloor environments, carefully built for the occasion, with sophisticated booking, uncommon to find! Also it helps attracting interested crowd from all over the world, creating a magic environment where you can trully express yourself in the dancefloor and also in the dj booth!

Fred, from your position, as a link between the music and the people, what musical vibe do you feel here ? What do people from Lisbon listen to and buy the most at the shop ?

Fred : Lisbon has a great history of underground culture, nourished by entities such as Quantica Radio team. Furthermore, many high quality festivals happen during the year, ranging from psy-trance to jazz, attracting an ever-growing amount of tourists and concertgoers. With regards to our shop, our specialty lies in Brazilian music, therefore that’s our best selling genre, but we also have a great selection of Jazz, Afro and Electronic records. Portugal is a massive consumer of Brazilian culture. We can perceive it and feel curiosity when people come to the store.

Amor Records

What are your favorite emerging artists/labels from lisboa ?

Diogo : Without a doubt i would like to point out Berllioz and Pedro Zoy, two amazing musical talents that have loads of music coming out in the next months. They are also both experienced analog live performers.

The city has incredible djs emerging, loads of talent behind the decks like for example Tiago, Helio and Diogo,  André Leiria, Zé Ferreira, Gonçalo, VIL or Lournco LVGS. I think we are well prepared for some years to come. As for new labels the most interesting one is definetly HELENA from my friend Gonçalo. He has been selecting carefully amazing artists like Jordan Mcgee, Module Werk, Altitude and he is releasing some real Bangers! Also FLMB recently created label by my friend Carlos Mitto released a really Interesting Seafoam EP. Also important in the last months, a more exclusive vinyl only Label runned by my friend Straka, named ‘3o3′ focused on releasing tracks made by our talented core of friends. Lately most of the party/major release activities have been done by Assemble Music wich in my opinion is unstoppable throwing parties, gathering dancers, and putting some off the hook releases out!

 Fred : There are many names, but to name a few: Naive, Carpet & SnaresGroovement, Interzona and Assemble Music. There is also Ostra Discos and Mar & Sol, both ruled by De Los Miedos, a great talent and amazing music man of Lisboa.

where do you party ? what are the original/interesting artistic projects going on ? 

Diogo: Normally we have two major clubs to party. Ministerium or Lux, but i also enjoy myself with my firends in the ELA parties, in carefully selected places that remain secret to a lot of people.The ELA (East Lisbon Afters) is a pure project that is helping to create this genuine underground vibe to the scene, and i think it will be on for the next years to come. Bar wise or micro club scene I would like to mention Bairrazza a bar club where I have been maintaining a residency for the last couple of years, I’ve witnessed some really interesting vibes there, and it’s a major add to the scene but supporting local emerging talent behind the decks.

Waking Life, by Kristine Kakaire

Fred : There is a strong nightlife culture, facilitated by the now deceased, Lux owner Manuel Reis. In my opinion, there are very good large-sized clubs but there is an obvious lack of medium-sized venues. You also have many small venues that open their doors and opportunities for local DJs and artists. On a positive note the city is not so institutionalised compared to bigger cities such as London or Berlin. Therefore there is still a big gap of opportunities for up-and-coming artists and I strongly believe there is a considerable demand and craving for new and varied events.

How do you see the future of this city ? Are you linked to it ?

Fred : In my personal opinion, Lisbon has an undisputable bright future. Lots of creative minds are gathering in Lisbon attracted by the relatively still-cheap rents and the numerous sunny days. With regards to Amor Records, besides the record store, the project aims to position itself as an event producer, booking agency, record label and cultural agitator. As for Vox Populi Records https://soundcloud.com/voxpopuli-records, it will continue acting as a record label specialized in recording traditional and folkloric sounds around the world (currently Lisbon & Portugal). Being in Lisbon, our project helps enable the cultural and music bridge between Brazil, Angola, Mozambique, Cabo Verde and other lusophone nations which allows me to continue my musical research. Furthermore, a bigger project is in its initial phase and will consist of a brand new radio station and much more! I can’t tell you much more about it yet though! Additionally I’ve just started working as an ambassador for Waking Life, a fabulous festival co-curated by the Giegling crew and a team of passionate people! The 2nd edition will take place in August in a dream location next to Elvas! So it’s a nice time to come visit Portugal !

Diogo : Futurewise, Well that i don’t know… The City limits are groing, it’s definitely developing business wise. But as i said before,  as a Lisbonner, its getting a bit unfair to live here. One of the most amazing facts in the last few years about the city is that a lot of interesting foreigners are settling here, bringing their amazing vibe, knowledge and business ideas. This idea itself makes me want to live and work here in the next years, be part of it, but in other hand, maybe its our time as Portuguese to go and conquer the dancefloors of Europe, and come back when its even more developed and specially when the wages become more fair for the workers here. It has definetly a lot of present and future, you guys should make us a visit !

PG

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