Début-août, on s’est pris une longue gifle saveur sarrasin au Festival Visions


Pour sa 6e édition, le Festival Visions a rempilé pour la troisième fois aux abords du fort de Bertheaume, dans la commune de Plougonvelin (Finistère). Au programme : 3 jours de concerts, 3 scènes, une vue qui parle d’elle-même et l’océan à perte de vue pour parfaire le décor. On est au mois d’octobre (donc vraiment en retard) et on ne s’en est toujours pas remis. 

Vendredi 3 août

Une arrivée vers 21h sans encombre sans doute due au fait que notre équipe se compose principalement de Bretons, habitués du festival. Côté attente, on est proche du zéro, l’accueil est top, on ne voudrait pas dire « à la bretonne » pour ne pas tomber dans le cliché mais bordel, tant au niveau des festivaliers (dont la moyenne d’âge se situe aux abords de la trentaine), quel accueil.

Le camping (gratuit sur réservation) est situé à deux pas du site, confort carrément ouf comparé aux grosses machines telles que Dour où on parcourt des kilomètres sous une chaleur de boeuf. Malgré le vent et la brume, on jette la tente, on fait connaissance avec les voisins et nous voilà partis dans le son.

A l’entrée, un panneau « Objectif 0 agression sexuelle » annonce la couleur, suivi par un stand pour les zoulettes où une équipe assure la prévention. Le samedi et le dimanche, association féministe bretonne Difenn propose des cours d’autodéfense féministe tout au long de l’aprèm’ moyennant un billet rose. L’accès au festival est libre tout au long des trois jours jusqu’à 18h : les festivaliers se mêlent donc aux locaux et aux familles venues écouter un peu de musique avec la marmaille et aux couples de retraités venus visiter le Fort ou faire un tour de tyrolienne.

Sur place, on vend bière, cidre et vin pour des prix carrément corrects (comptez 5 euros pour une pinte de blonde, un euro de plus pour le verre consigné).

Le son du vendredi soir sera, en toute subjectivité, le plus jouissif de ces trois jours. Un éclectisme à en faire perdre la tête en particulier grâce aux voix d’Astaffort Mods qui s’égosillent au théâtre de verdure, suivis des sonorités acidulées d’Anaïs Leszcynska ou encore de l’hostilité de Nostromo (qui pour l’occas’ avait sollicité Sarin et Unhuman). Grosse claque inattendue en découvrant la néerlandaise DJ Marcelle, avant de terminer en beauté sur les notes de Full Quantic Pass.

Samedi 04 août

Pour ceux qui ont fait l’impasse sur l’after, le petit-déj est servi jusqu’à midi à un prix ultra-raisonnable. Pour 4,5 euros, vous repartez avec une assiette gargantuesque composée de deux grosses tartines de pain de campagne beurrées et confiturées, un café, un fruit et un jus. Si vous n’êtes toujours pas couchés, les concerts commencent dès 14h, mais vous pouvez aussi aller faire un tour du côté du marché de créateurs ou taper une sieste sur la plage, où l’eau affiche 14 degrés.

Le soir venu, 117 balafres (issu de la cohabitation des festivals Midi Deux et Echap hébergés par Visions cette année) s’offre à nous sous le dôme du Tonnerre, et on est loin d’être mécontents.

Aux alentours d’1h, on a le droit à un défilé de mode bien chelou d’Acide Fashion Rodeo Show, composé de cow-boys un peu malaisants qui ont néanmoins trouvé leur public. Puzupuzu, qui remplace Unit Moebius à la dernière minute, est comme d’habitude fournisseur d’un show impeccable suivi de Minimum Syndicat, le tout garantissant plus de deux heures d’acid pour tous les enfants des années 90 qui ont choisi de ne pas grandir.

Dimanche 05 août

Un dernier jour qui s’offre à nous sous un soleil de plomb. Une baignade s’impose, les 14 degrés de l’eau n’effrayant plus personne à présent. L’après-midi, on est comme des gosses assis autour de Héron Cendré, tous rassemblés dans le peu d’ombre que nous offre le site.

On sort de notre torpeur pour filer à ce jeu d’adresse animé par un drôle de quidam. Affublé d’une veste en velours bordeaux, d’un bob et d’une chemise bien bariolée, il traine visiblement une carrière avortée dans le secteur audiovisuel. Chamboule-tout, fléchettes et pêche aux connards (sic) pour de super cadeaux à gagner, de l’éponge à vaisselle au diadème jusqu’à la baguette magique. L’ivresse fut totale et les participants tout à fait ravis.

Côté son, zéro déception au cours de cet ultime soir où on a frétillé des hanches avec les bordelais de Lord Rectangle avant de plonger dans la techno sombre du duo OrphX. Sur la fin, les festivaliers se rassemblent sur ce même théâtre de verdure avec Nate & Jojo, deux bretonnes qui vont clore ces trois jours, dans une ambiance techno moyen-âgeuse carrément plaisante.

On pointera seulement du doigt les zones d’ombre rarissimes en journée, la grande scène inaccessible jusqu’en fin d’après-midi car véritable four pour les courageux qui s’y risquent. Légèrement frustrant également, les bars qui ferment assez tôt (à 1h). Ce sont vraiment les deux seules zones d’ombre de cet événement qui parvient à être à la fois écoresponsable, solidaire et familial.

Indubitablement, Visions s’érige en véritable cours de récré dans laquelle jouent ensemble petits nouveaux et talents confirmés, tandis que tout ce petit monde venu pour l’occasion baigne dans un amour enfantin qu’il nous tarde de retrouver l’année prochaine.

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