Le Bon Air, parce que vous y avez droit vous aussi

Marseille a aussi son grand festival des musiques électroniques. Et dans moins d’un mois, il rappellera encore une fois qu’il n’a rien à envier aux anciens du game ou à ceux dont la fame s’est construite immédiatement. Pour la quatrième fois, Marseille accueillera donc à nouveau Le Bon Air Festival produit par l’agence artistique Bi:pole et qui se déroulera les 24, 25 et 26 mai à la Friche la Belle de Mai, un lieu culturel ouvert dans l’ancienne manufacture des tabacs de la capitale du Sud de la France – eh oui, c’est comme ça, on a décidé de poser les bases une bonne fois pour toute, et peut-être que l’année prochaine on osera même aller plus loin, car après tout lorsque les gilets jaunes prendront le pouvoir, pour sûr qu’ils installeront leurs quartiers généraux dans la capitale du jaune, celui qu’on boit tiède en plein cagnard.

Alors, qu’est-ce qu’il raconte cette année, Le Bon Air Festival ? Nous, ce qu’on voit, c’est qu’il a un bel équilibre. D’un côté, des « légendes » – un mot ambigüe pour signifier qu’un artiste est présent depuis plus de vingt dans ce milieu de fou-furieux sans péter un câble et tout foutre en l’air : Kerri Chandler, Goldie, Manu Le Malin, Jennifer Cardini, Bill VortexModel 500 (aka Juan Atkins) en live, Boys Noize (ça fait moins de vingt piges, mais ça fera plaisir à tous les kids qui nous lisent, ou à tous les anciens kids qui ne nous lisent plus et qui sont maintenant abonnés à Télérama et qui trainent en chaussons chez eux).

De l’autre, des artistes « confirmés » – un mot rassurant pour désigner des artistes qui ont le vent en poupe mais dont on ne sait pas encore s’ils vont passer le cap des dix ans avant de se faire éjecter de l’industrie comme des malpropres, malgré leur immense talent : Lena Willikens, David Vunk, Djrum, Giant Swan, Helena Hauff, Jeremy Underground, Jayda G, Low Jack, Ron Morelli, December, Zaltan, Mount Kimbie… Bref, si vous nous lisez vous savez exactement ce qu’ils représentent en termes d’esthétiques, de mood, de vibe comme disent les jeunes (et le programmateur de Concrete).

Puis il y a la jeune sève/scène/secte française qui, la fleur au fusil et les doigts fourrés dans ses machines ou dans les bags à disques, fait la fierté du quinquennat d’Emmanuel Macron, et qui sert de paravent pour éviter d’aborder tous les problèmes sociaux-politiques de notre temps (trop de travail, pas assez d’argent, de la bouffe dégueulasse et des clopes super-chères). Ils s’appellent Oko DJ, Israfil, Judaah, I Hate Models, ڭليثرGlitter, Losange, Shlagga, Trypheme, J-Zbel, The Pilotwings et Vazy Julie. Ils sont jeunes, ils font du sport le matin, ils se couchent tôt et ils paient leurs impôts. C’est la jeunesse française.

Enfin, il y a DJ Marcelle.

(Et aussi quelques autres qu’on a oublié ou qu’on ne connaissait pas et donc pas l’time de faire des recherches parce que cet article a été écrit entre deux pauses-cafés à l’arrache, mais notez qu’il y a Boiler Room, du coup vous pourrez faire votre gros pacha de festival devant votre télé).

Bordel, c’est déjà dans un mois. Alors vite, achetez votre putain de ticket de train ou faites du stop, mais surtout procurez-vous une prévente parce qu’il faut payer la musique à défaut de payer les pots-cassés de nos « gouvernants ». Merci.

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